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Occupation anarchique des voies publiques / Le phénomène ne cesse de prendre ampleur à Lomé

un occupant de boutique exposant ses marchandises jusqu'au trottoir

un occupant de boutique exposant ses marchandises jusqu’au trottoir

Dans un communiqué rendu public, il y a un mois, par le Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, Col. Yark Damehame, il est interdit à toute personne l’occupation des voies publiques dans la capitale togolaise. Il est, par conséquent, « demandé aux intéressés de libérer sans délai les voies publiques et de se conformer  au respect scrupuleux des textes en vigueur ». Mais, jusqu’à présent, le message semble tomber dans les oreilles de sourds. La majorité des personnes qui pratiquent ces activités  disent ne  pas être « au courant d’un tel communiqué ». Et le phénomène continue de prendre de l’ampleur. Tous les trottoirs des routes sont devenus des marchés de toute sorte de commerce.

Selon le communiqué du Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, « l’occupation anarchique des voies publiques surtout en milieu urbain par des tenanciers de bar ou des débits de boisson, restaurants et autres commerçants au mépris du respect des règles élémentaires du code de la route » devient un réel problème d’insécurité dans le pays.  « Outre des entraves à la circulation et des désagréments qu’elles occasionnent, ces pratiques anormales et répréhensibles sont source d’accidents parfois très graves entrainant des pertes en vies humaines, des blessés et la dégradation des biens publics et privés ». « Face à l’ampleur que ne cesse de prendre ce phénomène qui tend à gagner tous les quartiers de la capitale et les autres villes, le Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile rappelle à tous ceux qui exercent des activités sur ces places, ce qui suit : l’emprise des voies publiques ne serait en aucun cas servir des lieux d’extension à leurs activités commerciales. Ces activités doivent s’exercer exclusivement dans le cadre des espaces prévues à cet effet et déclarées au moment de la délivrance de l’autorisation d’installation », note le communiqué.

D’après le Col. Yark Damehame, « dorénavant des contrôles rigoureux  seront opérés par le service de sécurité pour s’assurer du respect du texte en la matière. Le Ministre de la Sécurité de la Protection Civile demande avec insistance aux intéressés  de libérer sans délai les voies publiques et de se conformer  au respect scrupuleux des textes en vigueur. Tout contrevenant s’expose à la fermeture d’autorité de ses débits de boisson, de restaurant et autre par le service de la Police et de la Gendarmerie dans leur mission de Police Administrative ».

Mais jusqu’à présent, du côté de ces commerçants qui pratiquent des activités sur les voies publiques, cette interdiction ne leur dit mot. D’ailleurs, la majorité disent ne pas être au courant d’une telle décision de la part du gouvernement. Selon Salami, commerçant-exposant sur une partie du trottoir de l’Avenue de la Libération à Tokoin Ramco, « cette décision ne peut pas passer ». « Nous ne sommes pas au courant de cette interdiction. D’ailleurs cette décision du gouvernement ne peut pas passer. Nous avons besoin de manger », a-t-il laissé entendre. Même son de cloche chez un autre, à Adéwui, qui donne les raisons de leur présence sur les places qu’ils occupent pour leurs activités. « Ce n’est pas avec joie qu’on occupe ces places. Pour trouver une boutique ici à Lomé pour notre commerce, c’est très difficile. Les propriétaires augmentent trop le loyer et cela ne nous arrange pas. Finalement, nous optons pour ces endroits publics que nous trouvons libres », a-t-il expliqué. Pour Jean, un tenancier de Bar à Tokoin Protestant, « ces places publiques sont de bons endroits pour mener à bien les activités ». « Nous vendons bien ici. Ce sont des endroits bien placés pour avoir de clients. C’est vrai qu’occuper la voie publique n’est pas bon; et c’est normal de l’interdire. Mais, c’est un mal nécessaire et à mon avis, la décision du gouvernement sera difficile à appliquer », a-t-il fait savoir.

Le phénomène ne cesse de grandir et gagne tous les autres coins de Lomé: Dékon, Bè, Tokoin, Ahanoukopé, Adéwui, pour ne citer que ceux-là. Toutes les routes sont débordées et les trottoirs sont occupés anarchiquement par ces commerçants. Le comble, ceux qui sont dans les boutiques sont les plus grands détenteurs de cette pratique. Ce qui pose réellement un grand problème d’insécurité routière. Sur l’Avenue de la Libération par exemple, qui est actuellement en réaménagement, ce phénomène a rendu les travaux un peu difficiles, selon un agent des travaux en cours sur cette Avenue. Par ailleurs, certains cas d’accidents sont également dus à ce phénomène.

Si rien n’est fait pour combattre cette occupation anarchique des voies publiques, les nouvelles routes en chantier connaitront aussi le même sort.

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