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Violences faites aux femmes / Le Togo plus interpelé par le thème du 8 mars de cette année

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« Une promesse est une promesse : il est temps de passer à l’action pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes ». C’est le thème retenu cette année pour la célébration de la journée internationale de la femme.  Une journée qui depuis 1977, est devenue un point de ralliement et de mobilisation en faveur des droits des femmes. Mais, pourquoi le choix d’un tel thème ? Est ce que les femmes subissent vraiment des violences? La question mérite d’être posée, d’autant plus que dans le monde, dans nos pays,  la violence à l’égard des femmes, qui est l’une des violations des droits de ces dernières,  constitue toujours un réel problème.

Chaque jour, les femmes de par le monde sont victimes des violences d’ordre physique, sexuelle et verbale au sein de leurs communautés, leurs familles : coups, mutilations, viols, agressions sexuelles, proxénétisme, chantage, insultes, humiliation, dévalorisation, menaces, pressions, privations d’autonomie et contraintes… sont le lot quotidien des exactions commises sur les femmes.

Le Togo n’est pas épargné. Les violences faites aux femmes sont une réalité dans toutes les couches. D’après le GF2D (Groupe de réflexion et d’action, Femmes, Développement et Démocratie), les résultats d’une étude sur les violences basées sur le genre réalisées en 2010 au Togo, révèlent chez les filles âgées de 9 à 19 ans, 63% de violences physiques, 92% de violences psycho-morales, 7% de violences sexuelles. Par ailleurs, l’école est le lieu où les filles subissent plus de violence physique (74%) et ces violations de leurs droits sont souvent perpétrées par leurs enseignants (18%). Egalement, ces études révèlent que les sensibilisations sur les dispositifs juridiques des violences basées sur le genre restent encore faibles au Togo (25%).

Sur le plan mondial et selon une étude de l’OMS (Organisation Mondiale pour la Santé), dans le monde, sur les 24000 personnes dans 10 pays différents interviewées, les violences faites aux femmes dans le cadre domestique concernent entre 15 et 70%. En Afrique, le phénomène est particulièrement récurent. Selon la même étude, « En Éthiopie, 71 % des femmes ayant déjà eu un partenaire, avaient été confrontées à des violences physiques ou sexuelles, ou les deux à la fois au cours de leur vie, dont 35 % à des violences physiques graves. Au cours des 12 mois précédent l’étude, 53 % de ces femmes avaient subi l’une au moins de ces deux formes de violence. En Namibie, le nombre de victimes de l’une ou deux de ces formes de violence s’élevait à 36 %, dont 20 % au cours des 12 derniers mois. En Tanzanie ces chiffres étaient respectivement de 41 % dont 22 % au cours des 12 derniers mois ».

Ces chiffres montrent clairement que jusqu’à présent, la promotion des droits des femmes reste toujours un défi dans nos pays. Ce qui repose la question de la valeur du thème retenu pour la célébration de la journée du 08 mars cette année. Un thème qui, selon la plupart des acteurs de la promotion des droits des femmes, est plein de sens et invite tous les Etats à multiplier des actions pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles. Pour ces acteurs, à travers ce thème : « une promesse est une promesse : il est temps de passer à l’action pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes », les Nations Unies appellent le monde entier à s’engager pour véritablement éradiquer le phénomène multiforme de violences faites aux femmes, aux jeunes filles et voire sur petites filles.

R.A

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